Pour les municipales, ne négligez pas le sujet vital de la mobilité ! Écoutez plus et mieux vos concitoyens…

Tribune immodeste à l’attention des candidats aux élections municipales

La mobilité urbaine constitue l’un des premiers points de contact entre le citoyen et l’action publique locale. Elle conditionne l’accès à l’emploi, aux services essentiels, aux commerces et aux loisirs. Lorsqu’elle fonctionne mal, elle génère frustrations et défiance politique. Aujourd’hui, près de 48 % des urbains disent se sentir « prisonniers » de leur environnement à cause du manque d’alternatives de mobilité fluides (Institut Terram – Santé mentale et transports). Lorsqu’elle est fluide et respectueuse de tous les usages, elle devient au contraire un levier puissant de confiance et d’adhésion aux politiques publiques locales

 

Le sujet de la mobilité regroupe en effet les attributs d’être central et quotidien dans la vie des gens, d’être fondamentalement local et d’être améliorable par des actions collectives.

 

A ces attributs s’ajoutent celui d’être visible avec un véritable effet “avant/après” d’investissements et d’initiatives bien réalisées comme un parking de covoiturage, de nouvelles pistes cyclables…. avec comme impact ultime celui de résorber les embouteillages et de rendre la circulation la plus fluide et sûre possible. L’enjeu est de taille : l’irritabilité au volant touche près de 79 % des automobilistes, (Institut Terram – Santé mentale et transports) qui citent les embouteillages comme leur première source d’énervement. Plus grave encore, une étude de 2025 révèle que 43 % des personnes souffrant d’anxiété ou de burn-out pointent leurs problèmes de déplacement comme une cause directe de leur état. 

 

Pour y répondre, les attentes des citoyens sont importantes : 41 % des Français jugent le développement des transports en commun et du covoiturage comme une priorité municipale absolue. (Sondage Odoxa / Réseau Action Climat) Ce vote s’amplifie d’une attente forte relative à l’impact sur le pouvoir d’achat, vu qu’en moyenne, un automobiliste dépense 416 € par mois pour son véhicule personnel. (ADEME – Coûts et enjeux de la mobilité pour les ménages) et que la résistance à payer davantage les transports publics reste importante. 61 % des Français sont favorables à la gratuité des transports publics dans leur commune pour soutenir le pouvoir d’achat et l’écologie.

 

Pour engager et infléchir les politiques mobilités correspondantes, il s’agit de mieux connaître et comprendre la satisfaction des concitoyens vs leurs attentes et motivations aux déplacements et éviter les caricatures et les antagonismes traditionnels et radicaux contre l’usage de la voiture. Il faut rappeler qu’en France, Si la voiture assure 59 % des déplacements quotidiens, elle représente en réalité 75 % des kilomètres parcourus à l’échelle nationale. (Cerema – Exploiter les données de mobilité pour les politiques locales)

 

Je recommande donc des enquêtes approfondies et régulières pour identifier les besoins de mobilité et leur satisfaction avec quatre clés pour les réussir, et qu’elles soient véritablement utiles:

  • qu’elles soient unitaires et complètes, en reprenant tous les modes de transport, voitures, transports en commun, vélos et marche sans antagoniser tel mode ou sur-promouvoir tel autre. Si 56 % des Français souhaitent une réduction de la place de la voiture en ville, cette volonté est strictement conditionnée à l’existence d’une offre alternative fiable. En particulier la voiture, souvent ciblée, doit être reconnue pour ses mérites individuels et collectifs.
  • qu’elles soient fiables, avec un taux de fiabilité de l’ordre de 90% surtout lorsqu’il s’agit d’aider le dimensionnement d’investissements d’infrastructure par définition critiques et coûteuse
  • qu’elles soient continues, pour pouvoir illustrer et capter les évolutions désirées et les signaux quelquefois faibles d’insatisfaction ou d’insécurité.
  • qu’elles soient pratiques et faciles de communication  y compris vers les citoyens pour faciliter les prises de conscience, l’analyse et l’interprétation collaborative.
  •  

Gageons que les élections à venir serviront de révélateur de l’importance du sujet des mobilités dans l’adhésion électorale. Et que les nouvelles équipes se saisiront du sujet pour établir un nouveau point de départ dans l’amélioration des mobilités et la participation des citoyens à cette amélioration.

 

Rédigé par Paul de Rosen – Président d’Impact Consultants – Partenaire de croissance des entreprises et collectivités, ex dirigeant d’entreprises de mobilité et de transport – Investisseur dans les technologies de mobilité

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